Homélie dominicale

La parole de la semaine.

L’homélie du dimanche 4 octobre

Travailler dans la vigne du Seigneur

1. Ce matin, Jésus nous raconte une parabole. C’est une histoire pour nous dire des choses essentielles sur Dieu et sur notre vie.

Un propriétaire plante une vigne. Il l’entoure d’une clôture, creuse un pressoir. Il prend soin de son bien précieux, puis le confie à des vignerons pour qu’ils le cultivent et en recueillent les fruits. Tout aurait dû se terminer dans la joie avec un juste partage de la récolte.

Mais l’histoire tourne au drame. Les vignerons frappent les serviteurs envoyés pour recevoir les fruits qui reviennent au propriétaire. Ils en tuent certains. Enfin, le propriétaire envoie son propre fils. Les vignerons pensent qu’en l’éliminant, ils pourront s’emparer de son héritage. Et ils le tuent !

Qui est le propriétaire ? Le propriétaire, c’est Dieu, le Père. Le fils qu’il envoie, c’est Jésus, qui sera tué sur la croix. Et la vigne, c’est son peuple, dont nous faisons chacun partie. A nous aussi, Dieu confie des biens précieux : notre vie, nos talents, la foi, son salut. Il nous les donne pour que nous portions du fruit au service du Royaume et de nos frères. Le fruit qu’il attend, c’est l’amour que nous faisons grandir entre nous et autour de nous.

Mais les vignerons veulent tout garder pour eux : la récolte et la vigne elle-même ! Ce qui leur a été confié, ils veulent se l’approprier. C’est comme s’ils se disaient : « Tout est à nous ! Nous n’avons de comptes à rendre à personne. Nous n’avons pas besoin du maître ! » Ils veulent se débarrasser de Dieu !

2. Cette parabole nous interroge sur ce que nous faisons des dons reçus de Dieu. Chers frères scouts, le scoutisme vous apprend à vivre l’Évangile et à porter du fruit. Interrogeons-nous : quels biens précieux y recevez-vous ?

Vous évoquerez sans doute les grands jeux, les veillées, les camps en pleine nature, les installations, etc. Autant de grandes expériences d’amitié… Mais vos relations dépassent l’amitié : vous expérimentez la fraternité – le dessein même de Dieu pour l’humanité. On ne choisit pas tous les membres de son équipe. Mais on apprend à se connaître, à s’entraider, à découvrir les talents de chacun et à porter ensemble les difficultés. Cette fraternité est un beau fruit des dons reçus. Vous êtes appelés à la faire grandir autour de vous : à l’école, dans vos familles, dans votre quartier, auprès de ceux qui restent seuls.

À travers ces expériences, vous cultivez aussi « l’esprit scout » : une manière d’être et de vous engager. C’est le bien le plus précieux que vous recevez et faites grandir pendant ces années de scoutisme. Il est appelé à porter du fruit toute votre vie.

Et cet esprit scout, comment prend-il forme ? Dans la loi et la promesse scoutes. Rappelez-vous votre promesse : « Avec l’aide de Dieu et de tous, je promets de faire de mon mieux pour servir mon prochain, œuvrer selon ma foi, agir pour un monde meilleur, vivre selon notre loi, en fraternité avec les scouts et les guides du monde » ! Vous vous engagez donc à donner le meilleur de vous-même au service d’un monde plus humain, plus juste, plus durable, plus fraternel. La loi scoute, c’est une boussole pour votre vie quotidienne. Là où vous « parlerez en vérité et agirez en cohérence », là où vous « affronterez les difficultés avec optimisme », là où vous « aimerez et protégerez la création » …, vous ferez grandir la vie.

Une tentation demeure : faire comme les vignerons, vouloir garder les dons tout en écartant celui qui les donne. Nous pourrions vouloir vivre le don de soi, le service des plus fragiles, l’engagement pour le bien commun, la recherche du bien, le combat contre le mal… en pensant pouvoir nous passer de Dieu. Or c’est dans le Christ, que nous découvrons pleinement ce chemin du don de soi par amour. Il est notre modèle et notre guide. Il nous donne aussi la grâce de le suivre. Voilà pourquoi la promesse dit : « Avec l’aide de Dieu… » Vécu avec le Seigneur, le scoutisme est une école de dépassement de soi-même, une école de sainteté.

3.  Frères et sœurs, nous pouvons avoir l’illusion, comme les vignerons, que nous serons plus libres en nous passant du Maître. Pourtant, c’est en choisissant de bâtir notre vie sur le Christ que nous lui donnons un fondement solide et l’ouvrons à son plein accomplissement. Le Fils rejeté devient la pierre angulaire de notre vie. Jeunes du « 40 », vous avancez aussi sur ce chemin : réunis aujourd’hui pour préparer un sacrement ou votre profession de foi, vous franchissez une nouvelle étape dans votre vie avec le Christ.

Ces paroles du pape Léon au Stade de France s’adressent à chacun de nous : « Celui qui vit avec Dieu est libre : libre de tout ce qui obscurcit la vie et la rend vide et dénuée de sens. Jeunes de France, [et Eglise de France] vous portez dans votre cœur un immense désir de liberté, un mot qui résonne avec force […] Mais quelle est donc la source de la vraie liberté ? […] La source de la vraie liberté : c’est la relation vivante avec le Christ. »

p. Arnaud

Une question sur la foi ?

Accueil par un prêtre le samedi de 10h à 12h, sans rendez-vous.